Présence autochtone 2012

(Montréal, 18 juin 2012) Le plus ancien, le plus enraciné, le plus durable des mouvements de résistance en Amérique vous invite à sa grande manifestation annuelle. Manifestation culturelle, pacifique, joyeuse, menée tambour battant au rythme de la terre. Avec les mots des langues anciennes, des cultures millénaires se vivent au présent et Montréal redevient la métropole culturelle du Nouveau Monde.

Du 31 juillet au 8 aout 2012, Présence autochtone se déploie pour la vingt-deuxième fois sur l'île, et au-delà. Avec une foule d'activités variées qui vont de la gastronomie à la cinématographie, du récital de poésie au concert électro, de la place des Festivals à la pinède de Kahnesatake, offrant autant d'occasions de découverte, de rencontre et de partage.

Sur la place des Festivals sur la scène Loto-Québec, Florent Vollant, l'Innu le plus connu de la planète, offrira un grand concert le 2 août; tandis que le 3, s'y tiendra un grand concert électro, coprésenté par MEG Montréal : les Ojibways de A Tribe Called Red y partageront alors la scène avec deux grands artistes amazighes DJ Mood et Foulane. Dimanche 5, 19 h, place aux jeunes artistes de la relève avec un concert banc d'essai coprésenté avec Musique nomade

Section cinéma, plusieurs primeurs:

En ouverture Toomelah (Cannes, Un certain regard 2011) du grand cinéaste aborigène Ivan Sen, est le premier de la série de longs métrages inédits à Montréal en provenance du Pacifique Sud; suivront, également d'Australie, Here I am de Beck Cole (scénariste de Samson and Delilah, caméra d'or, Cannes 2009); de Nouvelle Zélande, Boy de Taika Waititi (récipiendaire d'un Oscar pour Two Cars, One Night); des Philipinnes, Busong (Cannes, Quinzaine des réalisateurs 2011) de Auraeus Solito.

D'Amérique, We Still Live Here ( Anne Makepeace USA 2011) et The Grammar of Happiness (Australie-Brésil 2011) abordant la renaissance d'une langue (le wampanoag) et la singularité d'une autre (le pirahã). Granito pourchasse les généraux génocidaires du Guatemala. Coproduction Canal D et APTN. Apu ui Nepian (Je ne veux pas mourir), présentée en première mondiale, suit des itinérants montréalais en désintox dans la forêt. Enfin, Tropico do Saudade (France 2011) retrouvant les sentiers de Lévi-Strauss au Brésil, est en clôture.

La remise de prix aura lieu le 5 août au McCord avec notamment les prix Rigoberta-Menchu, Teueikan et le Coup de cœur Télé-Québec.

Place à la poésie

Place à la poésie avec Joséphine Bacon, Natasha Kanapé Fontaine, Rita Mestokosho et Manon Nolin, quatre poètes innues dans une soirée intitulée Le Nitassinan dans mon rêve, coproduite avec BAnQ et présentée à la Grande Bibliothèque le 6 août. Des œuvres récentes de Christine Sioui Wawanoloath à la Guilde Canadienne des métiers d'art pendant que de jeunes graveurs mohawks exposeront à Oka et Kahnesatake. Le colloque Regards autochtones sur les Amériques reprend du service et un forum citoyen crée un Cercle de confiance. L'Autre Montréal offre un circuit amérindien, le McCord une causerie sur l'art inuit, le resto Le Contemporain des menus autochtones (cuisine préhispanique mexicaine et nouvelle cuisine innue).

Français

Montreal First Peoples' Festival 2011 prizes

The seismic wave sparked by a short filmed by a young Innu from Uashat-Maliotenam has hit Montreal and the shock has certainly had an impact. Réal Junior Leblanc takes Jeunesse Mainfilm prize for Nanameshkueu (Earthquake).

With a stripped-down approach showcasing the beauty of the Anishnabe language, a young Algonquin gracefully expresses his pride and sense of belonging. Nodin earns the Télé-Québec New Talent prize.

For her lively, playful and innovative use of animation techniques to tell an inspiring tale of healing from a very personal viewpoint, First Peoples' Festival 2011 awards Best Animated Film prize to Déboires by Delia Gunn.

With a keen sense of ellipsis, without a single word uttered, in a film that is a model of cinematographic purity, a Maori street-gang member becomes a friendly, familiar character. Day Trip by Zoe McIntosh takes ex æquo Best Short Subject prize.

With a consummate art of storytelling inherited from her Navajo ancestors, Melissa Henry followed the wanderings of a sheepdog that lost his flock. Her charming film takes First Peoples' Festival 2011 jury ex æquo Best Short Subject prize for Run Red Walk: A Navajo Sheepdog.

For intimate yet discreet camera work capturing the subtle nuances of Jalisco desert hues and the sacred and initiatory nature of the path taken by Wirrakika pilgrims on a quest for peyote, Pedro Gonzalez Rubio and Fernanda Romandia have earned Best Cinematography prize for Flores en el desierto.

For a documentary joyously bringing to life the epic art of being and remaining Amerindian in the 21st century, as illustrated by the merry, incredible adventures of a Tlinit entrepreneur whose stubborn good humour wins the day over many setbacks he encounters on his way, the Séquences journal jury awards Best Documentary prize to Smokin' Fish by Luke Griswold-Tergis and Cory Mann.

For a documentary illustrating the vital links uniting the land, animals and humans and setting the stage for a stimulating dialogue between Inuit tradition and contemporary scientific knowledge, to get a better grasp of issues at stake in climate change, the film Qapirangajuq : Inuit Knowledge and Climate Change by Zacharias Kunuk and Ian Mauro has earned Rigoberta Menchu Second Prize, awarded by the First Peoples' Festival 2011 jury.

With cinematographic writing blending emotion and reason, the Surui and Negarote men and women, lucid but not disillusioned, reveal their pain and their struggles in their world, undergoing change by blind, destructive forces of the market economy. For the ability to find the spark of hope in people's eyes, refusing to lay down and die, a joyful, enchanted spark from childhood that still shines in adults' determined gaze, and for giving a brotherly and familiar face to the forest peoples, the First Peoples' Festival 2011jury awards the Rigoberta Menchu Grand Prize to Denise Zmekhol for Children of the Amazon.

In a city with no soul, someone wants to moult into a new skin. For a poetic but literal approach to the dermatological metaphor, a new skin, and to have raised it with an implacable rigour in an artistic endeavour culminating in a black allegory that speaks to our relationship with identity in a more and more uniform society where all differences are painful and stigmatized, the First Peoples' Festival 2011 jury awards Teuikan Grand Prize ex æquo to Jeff Barnaby for File Under Miscellaneous

Life may be a long and peaceful river but a human being is a frail skiff sailing on rudderless to the great beyond. For a sensitive documentary in which a simple man is seeking in his art and belief to conjure the inevitable fate that is everyone's lot, for providing a universal scope to the story of a Nahua man who, between priest and healer, endlessly returns to the daily motions of working life so the world can continue to be a world, so the place that the ancestral language occupies in a film ever attentive to the singularity of beings and things, Roberto Olivares has earned an ex æquo Teuikan Grand Prize for his film Silvestre Pantaleon.

Anglais

Les prix Présence autochtone 2011

L’onde séismique provoquée par le court métrage d’un jeune Innu de Uashat-Maliotenam a atteint Montréal et la secousse a certainement été ressentie puisque que Réal Junior Leblanc se voit décerner le prix Jeunesse Mainfilm pour Nanameshkueu (Tremblement de terre).

Avec une approche dépouillée mettant en valeur la beauté de la langue anishinabe, un jeune Algonquin a su exprimer avec grâce sa fierté et ses appartenances. Nodin se mérite donc le prix de la relève Télé-Québec.

Pour la vivante, enjouée et innovatrice utilisation de la technique d’animation qui lui permet de raconter d’un point de vue très personnel une poignante histoire de guérison, le jury de Présence autochtone 2011 accorde le prix du Meilleur film d’animation à Déboires de Delia Gunn.

Avec un sens aigu de l’ellipse, sans qu’un seul mot ne soit prononcé, dans un film exemplaire dans sa pureté cinématographique un Maori membre de gang de rue prend un visage amical et familier. Day Trip de Zoe McIntosh se mérite ainsi le prix ex æquo du Meilleur court métrage

Avec l’art consommé du récit hérité de ses ancêtres navajos, Melissa Henry a suivi le parcours d’un chien berger qui a perdu ses moutons et, pour ce délicieux film, se voit décerner le prix ex æquo du Meilleur court métrage par le jury de Présence autochtone 2011 pour Run Red Walk: A Navajo Sheepdog.

Pour une caméra à la fois intime et discrète qui a su rendre les teintes subtiles du désert du Jalisco et le caractère sacré et initiatique du parcours des pélerins wirrarikas en quête du peyote, Pedro Gonzalez Rubio et Fernanda Romandia se méritent le prix de la meilleure cinématographie pour Flores en el desierto.

Pour un documentaire joyeusement mené dans lequel l’art épique d’être et de rester Amérindien au 21e siècle est illustré par les aventures allègres et rocambolesques d’un Tlingit entrepreneur dont l’opiniâtre bonne humeur a raison des nombreux aléas qu’il rencontre sur sa route, le jury de la revue Séquences décerne le prix du Meilleur documentaire à Smokin' Fish de Luke Griswold-Tergis et de Cory Mann

Pour un documentaire qui illustre le lien vital qui unit le territoire, les animaux et les hommes et qui instaure, dans sa trame même, un stimulant dialogue entre la tradition inuit et le savoir scientifique contemporain afin de mieux cerner les enjeux liés aux changements climatiques, le film Qapirangajuq : Inuit Knowledge and Climate Change de Zacharias Kunuk et Ian Mauro se mérite le deuxième prix Rigoberta-Menchu accordé par le jury de Présence autochtone 2011.

Avec une écriture cinématographique où émotion et raison se marient, les hommes et les femmes Surui et Negarote, lucides mais point désenchantés, révèlent leur douleur et leurs combats face à un monde, le leur, transformé par les forces aveugles et destructrices de l’économie de marché. Pour avoir su déceler aux fonds des yeux cet espoir qui refuse de mourir, étincelle joyeuse et enchantée de l’enfance qui brille encore dans le regard déterminé de l’adulte, et pour avoir ainsi donné un visage fraternel et familier aux peuples de la forêt, le jury de Présence autochtone 2011 accorde le grand prix Rigoberta-Menchu à DeniseZmekhol pour Children of the Amazon.

Dans une cité sans âme, un individu désire faire peau neuve. Pour avoir pris poétiquement au pied de la lettre une métaphore dermatologique, changer de peau, et pour l’avoir hissée avec une rigueur implacable dans le parti-pris artistique jusqu’à une noire allégorie qui interpelle notre rapport à l’identité dans une société de plus en plus uniforme où toute différence est une douleur et un stigmate, le jury de Présence autochtone 2011 accorde le grand prix Teuikan ex æquo à Jeff Barnaby pour File Under Miscellaneous.

La vie est un long fleuve tranquille mais l’être humain est un frêle esquif qui vogue inexorablement vers l’au-delà. Pour un documentaire sensible dans lequel un homme simple cherche dans son art et dans ses croyances à conjurer le sort inéluctable qui est le lot de tous, pour avoir donné une portée universelle à l’histoire individuelle d’un Nahua qui, entre curé et guérisseur, renoue sans cesse au fil des jours avec les gestes du labeur quotidien pour que le monde puisse continuer à être monde, pour la place que la langue ancestrale occupe dans un film toujours attentif à la singularité des êtres et des choses, Roberto Olivares se mérite ex æquo le grand prix Teuikan 2011 pour son film Silvestre Pantaleon.

Français

Samian a inauguré les concerts la place des Festivals

Le 5 août, Samian a offert une performance memorable devant plusieurs milliers de personnes qui formaient un public compact et conquis. Il a inauguré en grand les activités du site extérieur de Présence Autochtone sur la place des Festivals.

Présence Autochtone 2011 c’est aussi une animation du 5, 6 et 7 août avec des chants, danses, démonstrations des arts et métiers de la tradition, installation d’un tipi géant et animaux mythiques, démonstrations archéologiques, et départ officiel de la Caravane amoureuse. À cela s’ajoutent une compétition internationale de films et vidéos avec 60 titres en lice et 5 expositions dans le volet des arts visuels.

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