Les prix Présence autochtone 2011

L’onde séismique provoquée par le court métrage d’un jeune Innu de Uashat-Maliotenam a atteint Montréal et la secousse a certainement été ressentie puisque que Réal Junior Leblanc se voit décerner le prix Jeunesse Mainfilm pour Nanameshkueu (Tremblement de terre).

Avec une approche dépouillée mettant en valeur la beauté de la langue anishinabe, un jeune Algonquin a su exprimer avec grâce sa fierté et ses appartenances. Nodin se mérite donc le prix de la relève Télé-Québec.

Pour la vivante, enjouée et innovatrice utilisation de la technique d’animation qui lui permet de raconter d’un point de vue très personnel une poignante histoire de guérison, le jury de Présence autochtone 2011 accorde le prix du Meilleur film d’animation à Déboires de Delia Gunn.

Avec un sens aigu de l’ellipse, sans qu’un seul mot ne soit prononcé, dans un film exemplaire dans sa pureté cinématographique un Maori membre de gang de rue prend un visage amical et familier. Day Trip de Zoe McIntosh se mérite ainsi le prix ex æquo du Meilleur court métrage

Avec l’art consommé du récit hérité de ses ancêtres navajos, Melissa Henry a suivi le parcours d’un chien berger qui a perdu ses moutons et, pour ce délicieux film, se voit décerner le prix ex æquo du Meilleur court métrage par le jury de Présence autochtone 2011 pour Run Red Walk: A Navajo Sheepdog.

Pour une caméra à la fois intime et discrète qui a su rendre les teintes subtiles du désert du Jalisco et le caractère sacré et initiatique du parcours des pélerins wirrarikas en quête du peyote, Pedro Gonzalez Rubio et Fernanda Romandia se méritent le prix de la meilleure cinématographie pour Flores en el desierto.

Pour un documentaire joyeusement mené dans lequel l’art épique d’être et de rester Amérindien au 21e siècle est illustré par les aventures allègres et rocambolesques d’un Tlingit entrepreneur dont l’opiniâtre bonne humeur a raison des nombreux aléas qu’il rencontre sur sa route, le jury de la revue Séquences décerne le prix du Meilleur documentaire à Smokin' Fish de Luke Griswold-Tergis et de Cory Mann

Pour un documentaire qui illustre le lien vital qui unit le territoire, les animaux et les hommes et qui instaure, dans sa trame même, un stimulant dialogue entre la tradition inuit et le savoir scientifique contemporain afin de mieux cerner les enjeux liés aux changements climatiques, le film Qapirangajuq : Inuit Knowledge and Climate Change de Zacharias Kunuk et Ian Mauro se mérite le deuxième prix Rigoberta-Menchu accordé par le jury de Présence autochtone 2011.

Avec une écriture cinématographique où émotion et raison se marient, les hommes et les femmes Surui et Negarote, lucides mais point désenchantés, révèlent leur douleur et leurs combats face à un monde, le leur, transformé par les forces aveugles et destructrices de l’économie de marché. Pour avoir su déceler aux fonds des yeux cet espoir qui refuse de mourir, étincelle joyeuse et enchantée de l’enfance qui brille encore dans le regard déterminé de l’adulte, et pour avoir ainsi donné un visage fraternel et familier aux peuples de la forêt, le jury de Présence autochtone 2011 accorde le grand prix Rigoberta-Menchu à DeniseZmekhol pour Children of the Amazon.

Dans une cité sans âme, un individu désire faire peau neuve. Pour avoir pris poétiquement au pied de la lettre une métaphore dermatologique, changer de peau, et pour l’avoir hissée avec une rigueur implacable dans le parti-pris artistique jusqu’à une noire allégorie qui interpelle notre rapport à l’identité dans une société de plus en plus uniforme où toute différence est une douleur et un stigmate, le jury de Présence autochtone 2011 accorde le grand prix Teuikan ex æquo à Jeff Barnaby pour File Under Miscellaneous.

La vie est un long fleuve tranquille mais l’être humain est un frêle esquif qui vogue inexorablement vers l’au-delà. Pour un documentaire sensible dans lequel un homme simple cherche dans son art et dans ses croyances à conjurer le sort inéluctable qui est le lot de tous, pour avoir donné une portée universelle à l’histoire individuelle d’un Nahua qui, entre curé et guérisseur, renoue sans cesse au fil des jours avec les gestes du labeur quotidien pour que le monde puisse continuer à être monde, pour la place que la langue ancestrale occupe dans un film toujours attentif à la singularité des êtres et des choses, Roberto Olivares se mérite ex æquo le grand prix Teuikan 2011 pour son film Silvestre Pantaleon.

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Samian a inauguré les concerts la place des Festivals

Le 5 août, Samian a offert une performance memorable devant plusieurs milliers de personnes qui formaient un public compact et conquis. Il a inauguré en grand les activités du site extérieur de Présence Autochtone sur la place des Festivals.

Présence Autochtone 2011 c’est aussi une animation du 5, 6 et 7 août avec des chants, danses, démonstrations des arts et métiers de la tradition, installation d’un tipi géant et animaux mythiques, démonstrations archéologiques, et départ officiel de la Caravane amoureuse. À cela s’ajoutent une compétition internationale de films et vidéos avec 60 titres en lice et 5 expositions dans le volet des arts visuels.

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